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2019-12-06

5 films phares d'Agnès Varda

Agnès Varda nous a quittés en mars 2019, en laissant derrière elle une trentaine d’oeuvres. À l’occasion de la rétrospective que lui consacre en décembre la Cinémathèque Québécoise, retour sur 5 films phares de cette pionnière de la Nouvelle Vague.

1- Cléo de 5 à 7 (1962) 

À 34 ans, Agnès Varda réalise ce trésor de la Nouvelle Vague. C’est son second long-métrage après La Pointe Courte en 1955, et déjà, la cinéaste est programmée en sélection officielle au Festival de Cannes. Cléo a d’ailleurs eu des fans célèbres. Parmi eux: le réalisateur Michelangelo Antonioni et l’écrivaine Françoise Sagan. 

Le récit suit les déambulations et rencontres d’une jeune chanteuse, obsédée par un examen médical dont elle attend le résultat. Varda signe une oeuvre très belle, pleine de nuances et de sensibilité, entraînant le spectateur dans un Paris en noir et blanc, entre la rue de Rivoli, le parc Montsouris et l'hôpital Pitié-Salpêtrière.

2- Sans toit ni loi (1985) 

C’est le grand succès commercial de Varda. Le film reçoit le Lion d’Or à Venise cette année-là. L’actrice Sandrine Bonnaire sera quant à elle saluée par un César de la meilleure actrice en 1986. Dans une mise en scène dépouillée, Varda tente de retracer le parcours d’une jeune itinérante trouvée morte de froid dans un champ, dans le but d’évoquer les rapports de la société avec les marginaux. 

Pour se documenter sur les réalités des jeunes sans-abris, Varda, alors âgée de 57 ans, est allée à leur rencontre, sur les routes, ou en gare. Avec leurs témoignages en tête, elle tourne le film durant l’hiver 1984 dans la région du Languedoc-Roussillon, en France. 

3- Les Glaneurs et la Glaneuse (2000) 

Grande amoureuse du genre documentaire, qu’elle a exploré à de nombreuses reprises, Varda s’intéresse ici aux «glaneurs», soit des gens qui, par nécessité ou par choix, sont en contact avec les déchets et rebuts des autres. Encore une fois, l’étude sociale n’est jamais loin, alors que la cinéaste part à la rencontre de démunis, d’agriculteurs ou encore de retraités, avec sa mini caméra DV au poing. 

Humour savoureux et réflexions poétiques sont le sel de cette oeuvre brillante et sensible, dans laquelle Varda se définit elle-même comme une «glaneuse» d'images et d'impressions. Il s’agit de son dixième documentaire. Elle a alors 72 ans. 

4- Les Plages d’Agnès (2008) 

Cet autoportrait filmé obtient en 2009 le César du Meilleur documentaire. Varda y fête même, après le générique de fin, ses 80 ans. C'est l'occasion pour elle d'un retour sur sa vie, ses films, mais aussi sur les plages de sa vie.

La réalisation est comme toujours inventive, ludique, alors que l'auteure se livre aux spectateurs comme jamais, dans un jeu de miroirs plein d’anecdotes et d’images du passé. «Si on ouvrait les gens, on trouverait des paysages. Moi, si on m'ouvrait, on trouverait des plages», y dit-elle. 

5- Visages Villages (2017) 

Fruit de la collaboration entre la réalisatrice et l’artiste visuel JR, ce documentaire suit le duo alors qu’il parcourt les villages français pour écouter les gens et leurs histoires.

Les deux artistes tournent de deux à quatre jours par mois, et laissent aller le hasard, que Varda chérit tant. À chaque rencontre, JR colle sur des maisons le portrait géant de l’individu ou du groupe interrogé. Parmi les anonymes, une rencontre désirée : celle avec Jean-Luc Godard, un autre «grand» de la Nouvelle Vague. On ne vous dit pas ce qu’il s’y passe, mais… ça vaut le détour ! 

[Le saviez-vous?]

  • De son vrai nom Arlette Varda, elle est née en Belgique en 1928. Elle est morte à 90 ans, des suites d’un cancer. 
  • En 2017, Angelina Jolie lui remet un Oscar d’Honneur, une première pour une réalisatrice.
  • Elle a commencé sa carrière comme photographe. 
  • Féministe engagée, elle a prêté deux fois sa maison pour que s’y déroule des avortements clandestins. 
  • Plusieurs lieux portent son nom en France, dont des salles de cinéma, des écoles et des amphithéâtres. 

 

(Texte de Céline Gobert) 

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