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2019-12-23

François Girard : «Mon coup de coeur de l’année? Antigone!»

Entrevue cinéphile avec le cinéaste québécois à l’occasion de la sortie en salles de son nouveau film, The Song of Names (Le Chant des Noms en VF), qui lui permet, après Le violon rouge et Boychoir, de renouer avec sa passion pour la musique. 

 

En quelques mots, quel est l’état actuel de votre cinéphilie? 

 

Mes visionnements à titre de membre de l’Académie des Oscars me permettent de faire un bon tour d’horizon de l’année cinématographique. Je voyage beaucoup aussi, alors j’essaie de voir des films là où je me trouve. Récemment, j’étais au Japon, j’ai revu des classiques de Kurosawa, Kobayashi

 

Ma cinéphilie peut aussi être fonctionnelle. Durant les périodes de casting, je regarde des films pour observer le travail de certains acteurs avant de m’avancer dans les décisions. Le temps m’a appris à reconnaître les bons acteurs dans de mauvais films. 

 

The Song of Names est centré sur la musique, comme l’étaient Le violon rouge et Boychoir. Quelles sont vos meilleures bandes originales de films? 

 

C’est une bonne question. J'y prête beaucoup d’attention quand je visionne les films. Parmi les collaborations que j’ai préférées, je dirais : Howard Shore avec David Cronenberg, Nino Rota avec Federico Fellini, Angelo Badalamenti avec David Lynch. 

 

Si vous ne pouviez amener que deux classiques sur une île déserte, ce serait lesquels? 

 

Ran d'Akira Kurosawa et 2001: l’odyssée de l’espace de Stanley Kubrick. Ce sont des chefs-d’oeuvres, des accomplissements absolus. 2001 est un film brillant, à l’esthétique sophistiquée.   

 

Ran, je l’ai récemment revu au Japon, en version restaurée. En plus d’être une grande oeuvre de cinéma, il offre une reconnexion culturelle entre l’Est et l’Ouest comme on en a rarement vue. Ça m’a beaucoup frappé. 

 

Quel est votre plus beau souvenir de spectateur en salles?

 

Je me rappelle d’une projection 70 mm de Short Cuts de Robert Altman en plein air, à la Mostra de Venise, dans les années 1990. La disparition de la lumière du jour derrière l’écran… C’était sublime. 

 

Une partie de votre nouveau film se déroule durant la Seconde Guerre Mondiale. Quels films dépeignant cette période vous ont marqué ou influencé? 

 

Le Pianiste de Polanski, La Liste de Schindler de Spielberg aussi. J’avais pas trop aimé à l’époque, je trouvais que la musique de John Williams, qui est un grand compositeur, imposait beaucoup l’émotion au lieu de la nourrir. Mais en le revoyant, j’ai changé d’avis. Ces films montrent tout ce qu’on ne montre pas dans mon film, qui se concentre plutôt sur l’onde de choc qu’ont provoqué les camps de concentration. 

 

Le débat autour de Netflix et la salle de cinéma, il vous agace ou il vous parle?

 

J’aime aller en salles, mais pour être honnête, je vois la plupart des films sur mon 65 pouces chez moi. Le débat, en fait, sonne faux, car c’est plutôt un tsunami. Nous, on est sur la plage, donc on se demande pas vraiment si la vague est bonne ou non, on se contente pour l’instant de la subir. 

 

Je crois que l’industrie a vécu dans le déni jusqu’ici. Maintenant, le jeu a changé, les streamers ont le gros bout du bâton. Pour ma part, je prends du recul. Il faut rester zen. On va s’adapter à tout cela. Nous, les raconteurs d’histoires, on ne va pas disparaître! 

 

Est-ce que vous êtes un amateur de séries télé? 

 

Oui! Dernièrement, j’ai vu Fleabag, Breaking Bad, Homeland. Il n’y a plus de cloison entre le cinéma et la télévision, les deux subissent l’influence de l’autre. Je vois beaucoup de vrai cinéma à la télévision, et beaucoup de choses télévisuelles… au cinéma!

 

Tourner avec Tim Roth et Clive Owen, c’était un rêve? 

 

C’est un cadeau, je dirais. Ce sont deux grands acteurs. Leurs personnages étaient difficiles à jouer. Le personnage de Tim Roth aurait pu être sirupeux, sentimental, mais il l’a abordé à l’inverse. Celui de Clive aurait pu être antipathique, il lui a insufflé beaucoup d’empathie. Si c’était à refaire, je retournerais en vitesse vers Tim et Clive! 

 

Quels autres acteurs ou actrices aimeriez-vous diriger? 

 

Il y en aurait plusieurs! Mais pour n’en citer qu’un, ce serait Gary Oldman. On s’est déjà croisés, j’ai beaucoup d’admiration pour lui. 

 

Quels sont vos coups de coeur cinématographiques récents?  

 

J’ai adoré Antigone, un film qui est venu me chercher. Sophie a fait un travail magnifique, elle a emprunté à la tragédie grecque de façon incroyable. Ce film est vraiment une très bonne nouvelle pour le Québec. Aussi, Les Deux Papes de Fernando Meirelles est l’un de mes récents favoris. 

 

Lequel des films que vous avez réalisé vous rend le plus fier? 

 

Hum. C’est comme demander à maman quel enfant elle préfère, non? Pour le moment, je suis très fier d’avoir terminé The Song of Names, et de voir qu’il commence à prendre sa place. On verra si les gens s’en souviendront dans 20 ou 25 ans, comme ils se souviennent de certains de mes autres films! 

 

Propos recueillis par Céline Gobert, le 9 décembre 2019. 

 

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