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2020-02-14

Céline Sciamma en 4 films

Sensible et délicat, le cinéma de Céline Sciamma fait la part belle aux personnages féminins. Retour sur sa filmographie, alors que Portrait de la jeune fille en feu prend l’affiche au Québec. 

 

1- NAISSANCE DES PIEUVRES (2007) 

 

Dans une ville de province, l'éveil sexuel de trois adolescentes aux personnalités contrastées, qui gravitent autour d'un club de nage synchronisée. Céline Sciamma frappe fort avec ce premier film aux grandes qualités d’écriture. Le milieu du cinéma ne s’y trompe d’ailleurs pas et la récompense d’un César d’honneur, remis par l’actrice Jeanne Moreau. 

 

Non seulement on y sent le regard juste de la cinéaste sur ses personnages féminins, mais le long-métrage impose d’emblée le «style Sciamma», singulier car capable d’aller chercher tout à la fois quelque chose de très cérébral et de charnel. 

 

Sélectionnée au Festival de Cannes 2007 dans la section Un certain regard, l’oeuvre aborde la thématique de l’homosexualité féminine, généralement peu présente sur les écrans en 2007. D’ailleurs, c’est sur ce tournage que la réalisatrice rencontre celle qui est restée sa compagne depuis: l’actrice Adèle Haenel. 

 

2- TOMBOY (2011) 

 

Une fille de dix ans aux allures androgynes se fait passer pour un garçon auprès des enfants de son nouveau voisinage. Le deuxième film de la cinéaste française est une exploration habile de l'identité de genre. Sciamma n’hésite pas à y déconstruire les stéréotypes attribués au masculin et au féminin. 

 

Présenté en ouverture de la section Panorama de la Berlinale, Tomboy confirme l’intérêt de Sciamma pour la jeunesse, période de vie pleine d'ambiguïtés quant aux sentiments et au rapport à la sexualité.

 

Le film remporte le Prix du jury aux Teddy Awards (qui récompensent à Berlin les films traitant des thématiques LGBT) et contribue à relancer le débat autour de l’identité de genre en France, après que des parents se furent plaints de voir l’oeuvre programmée dans les écoles! 

 

3- BANDE DE FILLES (2014) 

 

Une adolescente, qui vient de se faire interdire l'accès au lycée en raison de ses mauvais résultats scolaires, s'émancipe auprès d'une bande de filles fortes en gueule. 

 

À proprement parler, Bande de filles n’est pas un film de banlieue, mais plutôt un récit initiatique sur une jeune femme noire qui vit en banlieue. Présenté en ouverture de la Quinzaine des réalisateurs du festival de Cannes, le film débute par un match de football américain disputé entre filles. Encore une façon pour Sciamma d’attaquer frontalement les clichés associés à la place des garçons et des filles dans le monde. 

 

Qui plus est, ce troisième opus s’intéresse à une autre de ses obsessions: l’émancipation. Il est d’ailleurs intéressant de constater que même les scénarios que la cinéaste signe pour d’autres sont de la même façon remplis de personnages éprouvant la nécessité de se libérer, de voler de leurs propres ailes. C’est le cas du petit garçon endeuillé dans le film animé Ma vie de Courgette de Claude Barras et de l’adolescent de Quand on a 17 ans d’André Téchiné. 

 

4- PORTRAIT DE LA JEUNE FILLE EN FEU (2019) 

 

Engagée pour faire le portrait de la fille d'une comtesse bretonne, promise contre son gré à un noble milanais, une peintre doit composer avec le refus de poser de son modèle. Le quatrième film de Céline Sciamma secoue tellement la Croisette que beaucoup voit en lui un possible récipiendaire de la Palme d’Or. 

 

Si, encore une fois, l’émancipation féminine est au coeur du scénario (récompensé par le jury), c’est la puissante histoire d’amour entre les deux femmes, ainsi que la relation entre une artiste et son modèle qui fascinent le plus. 

 

Au passage, Sciamma pointe du doigt le manque de femmes dans les arts, et réaffirme sans rougir ce qu’a toujours été son cinéma: féministe et politique. 

 

(Texte Céline Gobert)

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