Ce qui m’a marqué chez Denis, c’est qu’il est quelqu’un de très, très “chill”. Il était tellement fin sur le plateau. Le tournage de la scène de l’exposé oral, où le tueur entre et assassine plusieurs femmes, était très éprouvant. Il est resté relax en essayant de voir la meilleure manière de capter tout ça. Ce fut vraiment une belle expérience.

Pierre-Yves Cardinal interprète dans L’autre un aspirant écrivain qui, cloué à son lit d’hôpital après une intervention chirurgicale à la jambe, subit les menaces d’un mystérieux voisin de chambre qui feint d’être dans le coma.
Éric dans Polytechnique de Denis Villeneuve (2009)
Francis dans Tom à la ferme de Xavier Dolan (2013)
Ce film, c’est ma venue au monde dans le cinéma. Ça m’a établi comme acteur pouvant assumer des rôles principaux. Ce que je retiens est la “ride” que c’était avec Xavier. Il était en feu. On a préparé ce film en trois semaines et on l’a tourné en 17 jours. J’étais très stressé et un de mes amis m’a dit : “follow the ride”. Aucun acteur ou actrice ne paraît mal avec lui . Le fait de jouer avec Xavier me permettait d’aller voir les “shots” après les prises avec lui. J’ai beaucoup appris.
Samuel dans Anna de Charles-Olivier Michaud (2015)
C’était un rôle très physique avec un stage de MMA aux côtés d’Olivier Aubin-Mercier. C’était très dur d’apprendre ces arts martiaux en peu de temps. Mais les chorégraphies fonctionnaient bien. Je pense que ce sont les meilleures scènes de cascades que j’ai faites dans ma vie. On a tourné en Thaïlande avec Anna Mouglalis. Il y avait un exotisme dans ce tournage. Et une noirceur : une histoire de trafic humain et un personnage très sombre avec quand même une part d’humanité.
Georges-Noël Dufresne dans La cordonnière de François Bouvier (2023)
Quand on joue dans un film d’époque, ça implique un autre rythme. Les références sont aussi différentes. Par exemple, quand on improvise, on a tendance à utiliser «ok». Mais c’est une expression qui a été popularisée après la Deuxième Guerre mondiale, alors que l’histoire se passe avant. Comme acteur, c’est une grande richesse de se projeter dans un lieu où les conventions sociales ne sont pas les mêmes qu’aujourd’hui.
Sylvain dans Simple comme Sylvain de Monia Chokri (2023)
Il fallait aller dans cette “simplicité” tout en restant dans quelque chose d’ancré dans le réel. J’ai passé de nombreux étés dans les Laurentides, dans un chalet avec ma famille. Je me suis inspiré de mes rencontres avec les ouvriers qui venaient. Ce sont des hommes que j’aimais beaucoup étant enfant, mais qui n’ont pas le bagage culturel de l’élite. Ils ont un autre savoir très tangible, très pratique. Quand on n’a pas ce savoir sur un chantier, on ne sert à rien. Et je voulais leur rendre hommage.
Gilles dans Qui brille au combat de Joséphine Japy (2025)
Le défi, c’était l’intimité. Ce n’était pas la première fois que je travaillais avec l’accent français, mais ici, on retrouvait des scènes de famille où il n’y a pas de raison de porter un masque. Je voulais qu’il se dégage quelque chose d’intime tout en passant la barrière de l’accent.
Stan dans L’autre d’Alexandre Franchi (2026)
Ce qui était le fun dans le projet, c’est qu’on tombe de l’autre côté du réalisme assez rapidement. Souvent, on est pris, au cinéma ou à la télévision, dans un souci de réalisme qui, à un moment donné, peut être chiant. Il faut savoir transcender le réalisme. C’est aussi le fun de se métamorphoser. Au Québec, on n’a pas toujours le temps. C’est intéressant de pouvoir se dépeindre à notre désavantage. C’était le fun d’être laid, pas juste physiquement, mais humainement. C’est un gars qui vit quelque chose de dur. Il est égoïste. Et c’est bien d’explorer ces zones.


