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2020-02-20

[Berlin 2020] 4 choses à savoir sur «My Salinger Year»

Philippe Falardeau a donné aujourd’hui le coup d’envoi de la 70e Berlinale avec My Salinger Year, une adaptation du récit autobiographique de Joanna Rakoff campé dans le milieu littéraire new-yorkais des années 1990. 

 

1- Le film nous rappelle le monde avant Internet 

 

L’action de My Salinger Year se déroule en 1995, juste avant l’explosion de la bombe web. «Ça nous ramène à ce moment précis dans le temps, juste avant que le monde ne soit aspiré par Internet. C’est une époque où, pour prendre rendez-vous avec quelqu’un, on soulevait le combiné du téléphone.» 

 

S’il est encore proche de nous, «ce monde-là n’existe plus», constate Falardeau, qui voit dans ce film une sorte de flash-back, un moyen de nous rappeler où nous étions il y a encore très peu de temps, et par la même occasion, de nous faire prendre conscience de ce que nous sommes devenus. 

 

«On vivait dans un monde où le verbe, la parole, avaient une grande importance». 

 

2- Pour la première fois chez Falardeau, le personnage principal est une femme

 

Entouré en conférence de presse de ses deux vedettes, Margaret Qualley et Sigourney Weaver, ainsi que de l’auteure Joanna Rakoff, Falardeau a attiré l’attention des journalistes sur le virage féminin qu’il vient de prendre. 

 

«Pour la première fois de ma carrière, mon personnage central est une femme. J’ai toujours eu des héros masculins et j’ai changé ce paradigme avec l’aide de Joanna Rakoff, Sigourney Weaver et Margaret Qualley. J’explore dans ces films des choses que je savais, mais à travers une autre perspective». 

 

3- Le long-métrage déploie une photographie lumineuse 

 

Le cinéaste a également réquisitionné une chef-monteuse (Mary Finlay), une chef-décoratrice (Élise de Blois), ainsi qu’une directrice-photo, Sara Mishara (Roméo Onze, Tu dors Nicole), à propos de qui il ne tarit pas d’éloges. 

 

«Retenez ce nom, dit-il à propos de celle qui l’a approché au motif qu’elle avait envie de faire un film lumineux avec lui. «Lumineux est le mot-clé ici. On peut quasiment attraper la lumière avec nos mains.»

 

Le rôle de Mishara, sur la production, a débordé du champ de la photo: «Quand j’avais des doutes sur ce qu’on filmait, sur le propos qu’on essayait de faire passer, c’est toujours vers elle que je me tournais».

 

4 - Il s’agit d’une véritable lettre d’amour au monde littéraire 

 

L’auteure, cela dit, n’était jamais loin. Joanna Rakoff a contribué à la création de ce film, par ses conseils sur le scénario que Falardeau a écrit en solo. 

 

Son livre, un best-seller paru en 2014, avait déjà généré l’attention de quelques producteurs avant que Falardeau entre dans le jeu. 

 

«J’ai parlé à plusieurs producteurs intéressés par l’idée de l’adapter, raconte Rakoff, mais aucun autre que Philippe n’a pris l’avion pour venir me rencontrer où je vis, à Cambridge, Massachusetts. Lui et moi avons passé l’essentiel d’une journée à discuter, et Philippe m’a présenté une vision détaillée et précise. Sa compréhension du récit, des personnages, du contexte, était tellement complète, il avait même dessiné des diagrammes. J’ai tout de suite compris qu’il était la meilleure personne pour faire ce film». 

 

Un film que Sigourney Weaver décrit, à raison, comme «une lettre d’amour au monde littéraire.»

 

(Propos recueillis par Martin Bilodeau, le 20 février 2020 à Berlin.) 

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