Le point de départ, c’est moi à 12 ans. J’étais en conflit avec mon corps et les attentes de la société à propos de la masculinité et de la sexualité. J’ai alors fui dans le cinéma pour éviter de me confronter au monde. À 17 ans, j’ai réalisé que le cinéma pouvait m’aider à résoudre ce conflit, dont je ne pouvais pas parler, enfant. Et ainsi, établir un dialogue constructif entre les autres et moi.
Un autre élément déclencheur a été un livre d’une psychologue américaine, qui a rencontré 150 garçons, de 13 ans à 18 ans. À 13 ans, ils parlaient de leurs amis en termes pleins d’amour, de fragilité, de complicité. Cinq ans plus tard, ils avaient beaucoup plus de réserves, évitant les notions de proximité, d’intimité, se gardant d’un vocabulaire émotionnel, souvent lié à la féminité dans notre société.
Bref, j’avais l’intention de faire un film sur la tendresse, sur l’amitié. Le dernier déclic a été la pandémie, qui nous a séparés de nos amis, de nos familles. La fragilité et la force du lien d’amitié sont alors devenues très claires pour moi. On peut avoir le coeur brisé quand on perd un ami.



