Je suis contemporain de l’explosion du Nouvel Hollywood et de celle du cinéma allemand, les Wenders, Fassbinder, Syberberg, qui m’ont beaucoup marqué. Fellini, aussi, m’attirait parce que c’était sexuel, dangereux, spectaculaire. Mon tempérament ne me portait pas vers Antonioni!
Mais s’il y a un film qui a fait de moi le spectateur que je suis, c’est Shoah de Claude Lanzmann. J’en suis sorti complètement bouleversé. Et c’est là que je me suis rendu compte de ma place de spectateur : j’étais un témoin, le dépositaire du film. J’ai compris l’importance de la place que j’occupais – que je continue à occuper dans les salles obscures – , et à quel point elle est précieuse. Bien sûr, les réalisateurs sont importants, les acteurs, aussi, mais la place du spectateur n’est pas assez valorisée. D’ailleurs, cet été, je vais tourner un film sur le cinéma...



