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2022-07-28 Éric Fourlanty

5 questions à Patrice Leconte

Venu accompagner la sortie de Maigret, en salle ce vendredi, Patrice Leconte a accepté de répondre à 5 questions autour de son tout dernier film.

Trente-trois ans après avoir adapté Georges Simenon au grand écran (Monsieur Hire), le réalisateur de Ridicule, Tandem et La veuve de Saint-Pierre fait renaître le célèbre commissaire au grand écran, sous les traits d’un Depardieu magistral de retenue.

Pourquoi Simenon?

Parce qu’il ne m’a jamais quitté depuis que j’ai commencé à le lire à l’adolescence. Et puis, je trouve que Simenon [mort en 89 à 86 ans] a beaucoup de choses à nous dire, encore aujourd’hui. Il a un talent inouï pour mettre en scène des gens ordinaires, ce qui force mon admiration. Il nous incite à nous intéresser au monde qui nous entoure et cette attention portée à autrui est, hélas, de nos jours, un peu en train de disparaître...

Pourquoi Maigret?

Parce que c’est l’anti-Sherlock Holmes, l’anti-Hercule Poirot. Il n’est pas du tout arrogant ou flamboyant. Il a des doutes, il ne sait pas, il tâtonne… Il se trompe souvent, et le reconnaît. Il ne juge pas, il regarde, il observe, sans prendre parti. C’est un homme curieux de tout ce qui est humain.

Pourquoi Maigret et la jeune morte?

J’avais décidé que ce serait un Maigret parisien. Jérôme Tonnerre [coscénariste du film] est tombé sur celui-là et, quand je l’ai lu, je me suis dit qu’on avait trouvé « notre Maigret ». Dans ce livre, il est un peu au bout du rouleau, une forme de lassitude. Il a tellement donné... Et puis, cette jeune morte lui redonne goût à la vie et il enquête sur la victime, sans trop se soucier de savoir qui a fait le coup et pourquoi. J’ai trouvé ça très émouvant.

Pourquoi Depardieu?

Parce que c’était une évidence. Je remercie sincèrement tous les cinéastes qui n’ont pas eu l’idée de lui demander de jouer Maigret! Et je ne remercierai jamais assez Daniel Auteuil – avec qui je devais faire le film – de m’avoir finalement dit non. Il avait raison, c’était une mauvaise idée.

Je rêvais confusément depuis longtemps de travailler avec Depardieu. La première fois que je suis allé le voir, je lui ai dit « Tu sais, j’ai beaucoup d’admiration pour toi mais j’ai surtout beaucoup d’affection. » C’est un homme très attendrissant, très attachant. Avant, je me demandais pourquoi il faisait autant de films – certains qu’il aurait pu se dispenser de faire! Et, maintenant, j’ai compris que c’est parce qu’il adore jouer. Sur le tournage, il a été très présent, très impliqué.

Pourquoi faire du cinéma?

Quand Wim Wenders était président du jury à Cannes, il a répondu : « Pour tenter de rendre le monde meilleur ». Je suis d’accord avec lui. Je sais depuis toujours pourquoi je fais des films : c’est pour partager mes émotions, pour transmettre ce qui m’envahit, ce qui me bouleverse ou me fait rire dans la comédie humaine. Et peut-être tenter de rendre le monde un peu meilleur.

Quand j’ai terminé Le mari de la coiffeuse, j’ai montré le film à des amis. Après la projection, on a pris un verre et je ne trouvais pas un ami, cinéaste français assez important. Je me suis dit « Il n’a pas aimé, il est parti ». Et puis, je l’ai cherché et je l’ai trouvé seul, encore dans la salle, dans un coin, en larmes.

-  Qu’est-ce qu’il se passe? Tu as eu de mauvaises nouvelles?

-  Non, non, c’est ton film. Je me suis rendu compte que je n’étais pas assez amoureux de ma femme.

Même si je n’avais fait ce film que pour ça, ça aura valu la peine.

Et il a quitté sa femme!

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