Après Soleils noirs, qui s’attardait au phénomène de la violence au Mexique, pourquoi s’intéresser de nouveau à ce pays au sud des États-Unis ? De quelle manière plus exactement ? Est-ce que Roberto de la Rossa a été une porte d’entrée vers le sujet de la dépossession ? Dans le film, il n’y a aucune violence contextualisée ou graphique. Comment en témoigner sans jamais la montrer ?
J’évite par tous les moyens de faire de la mise en scène. Toutefois, j’investis beaucoup de temps pour aller sur les lieux en préparation. Je prends plusieurs photos et un ami à moi a conçu un scénarimage (storyboard). Ces dessins sont très utiles pour travailler plus tard. [...] De cette manière, j’ai l’impression que j’arrive à convaincre les gens plus que par le discours. Et c’est très naturel chez moi. Avec Ernesto Pardo [l’un des deux directeurs photos], et Sylvain Bellemare à la conception sonore, c’est un travail qu’on amorce très tôt, voire des années à l’avance.



