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2024-06-25 Frédéric Bouchard

Visions sonores : le cinéma de Jean-Marc Vallée en 7 instants de grâce musicaux

Le Festival International de Jazz de Montréal rend hommage à Jean-Marc Vallée avec le spectacle Mixtape le jeudi 27 juin. Un prétexte idéal pour revisiter l'œuvre du meilleur DJ que le cinéma québécois ait jamais connu.

La musique, dans l'œuvre du regretté cinéaste, joue un rôle central. Elle reflète les émotions et l’évolution des personnages et permet aux spectateurs une connexion plus intime avec les protagonistes et l’action. Vallée se distingue par l’emploi fréquent de pièces musicales diégétiques, c’est-à-dire de chansons entendues ou provenant d’une source sonore appartenant à l’univers du film: un disque sur une platine; une radio allumée; une soirée dans un bar… les instants de grâce musicaux ne manquent pas.

En voici 7:

Liste noire (1995)

Dans son premier long métrage, un thriller qui applique avec brio les codes du genre, Vallée s’amuse avec le spectateur durant une scène d’anniversaire. Après avoir offert un cadeau à sa femme, Jacques (Michel Côté) l’embrasse et la caresse langoureusement devant des invités subjugés par leur passion. La chaîne stéréo joue The Great Pretender du groupe The Platters, un titre qui fournit un subtil indice quant à l’issue de cette histoire de corruption, d’agression et de meurtres.

C.R.A.Z.Y. (2005)

C’est le film qui a rendu publique la profonde mélomanie du réalisateur. Difficile de choisir parmi de nombreuses scènes où sont entendues quelques-unes des pièces les plus mythiques des années 60 et 70 (Shine on You Crazy Diamond de Pink Floyd, Space Oddity de David Bowie, Tout écartillé de Robert Charlebois), mais on penche pour la fameuse séquence où le jeune héros Zachary (Marc-André Grondin) s’élève dans l’église au son de Sympathy for the Devil des Rolling Stones.

The Young Victoria (2009)

Pour sa première incursion sur la scène internationale, le cinéaste québécois se frotte au drame historique. Pour une rare fois, il en appelle à la trame sonore d’un compositeur, ici l’Anglais Ilan Eshkeri (Kick-Ass, Still Alice), pour exprimer les tourments intérieurs de son héroïne, la reine Victoria, incarnée par Emily Blunt. Durant la séquence où elle accède au trône à 18 ans, Vallée sublime par la musique la soif d’indépendance de la jeune souveraine.

Café de Flore (2011)

Bien que les instants musicaux se multiplient dans ce drame psychologique (un premier baiser sur Faith de The Cure, une danse de groupe sur Navvaatara d’Elisapie, un générique de fin sur Le vent l’emportera, version Sophie Hunger), on retient un montage nostalgique et évocateur sur Svefn-G-Englar du groupe islandais Sigur Rós, dans lequel Antoine, un DJ montréalais se remémore les souvenirs amoureux de son passé, tandis qu’en parallèle, à Paris, une mère (Vanessa Paradis) est témoin des premiers émois amoureux de son fils trisomique.

Dallas Buyers Club (2012)

Ron Woodroof (Matthew McConaughey), atteint du VIH, se voit refuser par la cour l’accès à un médicament qui pourrait réduire certains symptômes du virus. À sa déconvenue, captée sur le chemin de son retour vers la maison, Vallée superpose la pièce Prélude d’Alexandra Stréliski. Cette audacieuse inclusion d’un talent de chez nous dans une production américaine servira de bougie d’allumage à la carrière de la pianiste québécoise, dont le morceau Le départ sera également harmonisé à une scène de Demolition.

Wild (2014)

Tout au long du film, qui relate le parcours de Cheryl (Reese Witherspoon) sur la Pacific Crest Trail, on entend à diverses reprises El Condor Pasa (If I Could), de Simon & Garfunkel. La chanson accompagne le personnage dans un ultime moment, celui de la fin de son périple, qui marque le début d’un nouveau chapitre dans sa vie. Pendant un instant, après avoir enrichi l’expérience émotionnelle de Cheryl, la mélodie (composée par le péruvien Daniel Alomía Robles) la réconforte et l’apaise enfin, berçant le spectateur jusqu’au générique de fin.

Demolition (2015)

Dans cet ultime long métrage de Vallée, Jake Gyllenhaal se promène dans les rues de Manhattan, les écouteurs aux oreilles, sur un extrait de Mr. Big du groupe Free. En quelques secondes, nous ressentons l’éveil émotif du personnage de Davis Mitchell, investisseur qui vient de perdre sa femme dans un accident de voiture, sautillant et dansant dans les couloirs souterrains du métro, puis dans la ville.

Pour plus de détails sur Mixtape : un hommage musical à Jean-Marc Vallée :

https://montrealjazzfest.com/fr/programmation/mixtape-un-hommage-musical-a-jean-marc-vallee-e001378

Photo : Jake Gyllenhaal dans Demolition

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