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2024-05-17 Frédéric Bouchard

Cannes 2024 : 7 choses entendues à la conférence de presse de … Megalopolis

Au 77e Festival de Cannes, Francis Ford Coppola lève (enfin!) le voile sur son attendu Megalopolis, 50 ans après sa première palme d’or (pour The Conversation), 45 ans après la seconde (pour Apocalypse Now).

Plus de 40 années de gestation et un budget de 120 millions de dollars, sortis tout droit de sa poche, auront permis au mythique cinéaste de 85 ans (The Godfather, The Conversation) de livrer une œuvre futuriste démesurément ambitieuse. Adam Driver, Giancarlo Esposito, Nathalie Emmanuel, Aubrey Plaza, Jon Voight et Laurence Fishburne, entre autres, se partagent la vedette dans cet affrontement shakespearien, entre un architecte capable de contrôler le temps et un maire corrompu, pour la reconstruction utopique d’une métropole délabrée.

En conférence de presse, le créateur a rappelé le rôle crucial de tous ses collaborateurs dans ce projet de passion, vu par Mediafilm. Retour en 7 déclarations :

Giancarlo Esposito. Hier soir, vers la fin de la projection du film, j’ai compris : je ne suis pas supposé connaître toutes les réponses et Francis non plus. Mais il est suffisamment ouvert pour nous permettre à tous de pénétrer dans son esprit. Il y a certaines portions du film que je n’ai pas tout à fait saisi, mais j’y pense encore. Le film nous inspire une nouvelle façon de penser et cette inspiration est censée nous permettre d'avoir de l'espoir pour notre monde.

Francis Ford Coppola. Lorsque j'ai décidé de faire une épopée romaine en Amérique, je n'avais aucune idée que la politique d'aujourd'hui la rendrait si pertinente. Ce qui se passe en Amérique, dans notre république, notre démocratie, c'est exactement la façon dont Rome a perdu sa république il y a des milliers d'années. [...] Ce ne sont pas les gens qui deviennent des politiciens qui vont faire partie de la solution. Je pense que ce seront les artistes de l'Amérique. Le rôle de l'artiste est d'éclairer la vie contemporaine.

Aubrey Plaza. Francis aime les acteurs. Il aime les inspirer. Il est très joueur et il fait confiance aux gens qu’il a choisis. [...] Le scénario est très onirique. J'ai eu l'impression que le processus reflétait cela. Nous avons commencé par des répétitions. Toute cette semaine de répétitions ressemblait à un rêve. Nous nous sommes sentis en sécurité pour explorer les personnages et les idées. C'est l'environnement qu'il a créé qui a rendu cela possible.

Adam Driver. L'hypothèse est que si l'on pense à quelque chose pendant 40 ans, on ne fait que l’exécuter parce qu'on y a pensé pendant 40 ans. Mais c'est tout le contraire [qui s’est produit sur le plateau] et cela témoigne de la générosité de Francis à laisser place à l'erreur. Cela ressemblait à du théâtre expérimental et c'est ce qui rendait [l’expérience] rebelle et excitante, et ça se reflète dans le film. Je ne pense pas qu'il y aura à nouveau quelque chose d'aussi imaginatif à cette échelle. Je pense que c'est un film unique en son genre.

Francis Ford Coppola. Je ne me suis jamais soucié de l'argent. L'une des raisons pour lesquelles j'ai obtenu la marge de crédit qui m'a permis de réaliser ce film est qu'en 2008, pendant la crise financière, j'ai emprunté 20 millions de dollars pour construire un vignoble où les enfants pourraient faire des activités pendant que leurs parents buvaient du vin. Ce risque absurde a créé un lieu que tous les vignobles essaient aujourd'hui de reproduire. J'ai donc pris l'argent de cet investissement et je l’ai mis dans le film. Mes enfants, sans exception, mènent de merveilleuses carrières sans avoir fait fortune. L'argent n'a pas d'importance, ce qui compte, ce sont les amis.

Laurence Fishburne. Francis et moi travaillons ensemble depuis 1976, alors que j'avais 14 ans. L'une des choses que j'ai toujours aimées chez Francis est qu'il a toujours parlé d'arrêter le temps. Le temps est vraiment important et la façon dont nous choisissons de l'utiliser l'est tout autant. Une partie du message du film est que nous devrions vraiment prendre une pause pour réfléchir au temps qu’il nous reste.

Francis Ford Coppola. [Avec le visionnement en continu], je crains que l'industrie cinématographique ne devienne davantage une affaire d’embauches liées à des obligations en matière de dettes, plutôt qu’une affaire de bons films. Les studios sont très, très endettés. De toute évidence, les nouvelles entreprises comme Amazon, Apple et Microsoft ont beaucoup d'argent. Il se peut que les studios que nous avons connus pendant si longtemps, certains merveilleux, ne soient plus là dans le futur.

 

Pour revisionner la conférence de presse dans son intégralité

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