Eric K Boulianne L Entrevue Cinephile

Eric K. Boulianne : l’entrevue cinéphile

30 janvier 2026
entrevue

Après sa première mondiale à Locarno, Folichonneries, le premier long métrage du scénariste Eric K. Boulianne (Avant qu’on explose, Viking), débarque sur nos écrans.

Quel film a le mieux aidé à réfléchir à l'approche visuelle de Folichonneries ?

Les films que j’ai mentionnés le plus à l’équipe, ce sont Funny Ha Ha et The Color Wheel, deux œuvres qui ont propulsé un mouvement qu’on appelle maintenant le “mumblecore”. Folichonneries n’est pas un film “mumblecore” à proprement parler, mais j’étais inspiré par le côté fauché assumé de ces deux films, le minimalisme cinématographique et l’approche visuelle et thématique crue et hyperréaliste. Sinon, mes influences éternelles sont La Maman et la putain et Scènes de la vie conjugale. Je reviens toujours un peu à ces deux films-là quand je réalise. Avec Folichonneries, il y avait une volonté de marier les films de chambre à coucher des années 70 et le cinéma très indie du début des années 2000.

Un film tourné en 16mm (ou en pellicule) qui t’a marqué ?

J’ai vu Wanda il y a quelques années et ça m’avait complètement subjugué de beauté. À la fois tellement tout croche et rugueux, mais aussi tendre et doux. Sinon, plus récemment, Jackie, un film magnifique. On en a parlé beaucoup en pré-prod, le directeur photo et moi. Ça m’a aussi amené à assumer le format 1.66, qu’on ne voit plus beaucoup de nos jours.

Un film qui aurait servi de point de référence pour sa représentation de la sexualité/nudité à l’écran ?

Je ne souhaitais pas être aussi cru et explicite, mais beaucoup de films “mainstream” qui empruntent aux codes de la pornographie m’ont inspiré. Je pense à 9 Songs, à Shortbus. Sinon, une influence majeure, c’est The Feeling That the Time for Doing Something Has Passed. Le courage de la réalisatrice de se mettre en scène avec autant de vulnérabilité m’a donné envie de tenter une approche similaire.

Un film abordant les relations conjugales qui t’a inspiré ?

Oh, il y en a tellement… Je pense que je vais tomber en mode liste d’épicerie. Ceux que j’ai nommé plus haut, La Maman et La putain et Scènes de la vie conjugale. Sinon, Carnal Knowledge, Days of Wine and Roses, Husbands and Wives, Rita, Sue and Bob Too, Bob & Carol & Ted & Alice et je dirais, surtout, Marriage Story. Probablement un de mes films préférés des dix dernières années. Ça m’a chaviré. C’était, pour moi, le mélange parfait de drame et de comédie, d’amour et de déchirements, de tendresse et de violence.

Un film “sex-positive” que tu apprécies particulièrement ?

Je l’ai nommé plus haut, mais Shortbus. Ce n’est pas un très bon film, mais l’approche de la sexualité était très rafraîchissante. Un film que j’ai adoré récemment et que j’ai trouvé beau et complexe dans son approche du désir, c’est Passages. J’ai tout aimé et les scènes de sexualité sont très chaudes. Sinon, l’approche du plaisir féminin dans Simple comme Sylvain, j’ai trouvé ça extrêmement beau. Ça passe souvent par de longs plans sur le visage de la protagoniste qui jouit et c’est enivrant de voir quelqu’un qui prend un réel plaisir à l’écran. En tout cas, Magalie Lépine Blondeau l’a super bien joué.

Quel personnage d’enfant t’a fait le plus rire - ou alors marqué ?

Enfants, c’est difficile à dire. J’ai plus des ados en tête… Par exemple, ceux de The Squid and The Whale. Les enfants dans Folichonneries parlent surtout comme des ados, en fait. Il y a le kid de Jerry Maguire qui est extraordinaire. Et puis Ponette, j’imagine (rires).

Quelle comédie a le plus influencé ton style d’écriture ?

Je pense que c’est un secret pour personne, mais le cinéma de Judd Apatow a été très marquant pour moi. L’humanité derrière l’humour, les gags naturels, pas trop forcés, la vie, le plaisir, les ami(e)s et une tendresse assez singulière pour ses personnages. Et bon, Judd Apatow s’inspire beaucoup de James L. Brooks, donc y’a énormément de Terms of Endearment et de Broadcast News dans mon écriture.

Quel film aurais-tu envie de montrer à François et Julie ?

Je leur conseillerais de voir The Devil in Miss Jones. Je l’ai vu récemment et c’est à la fois complètement chaud bouillant et très profond comme film porno. Je pense que ça pourrait les “teaser”.

Tu fais référence à Nicole Kidman dans une scène où François se rend dans un club échangiste. Quelle est ta performance préférée de l’actrice australienne ?

Sans aucun doute, Eyes Wide Shut. Je pense souvent à son monologue dans la chambre quand elle est un peu gelée sur le pot. Immense performance. Après, est-ce que Nicole Kidman a déjà été “mid” dans un film ? Je ne pense pas. Queen ultime.

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