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iamge nouvelles
2024-05-15 Frédéric Bouchard

Cannes 2024 : 7 choses entendues à la conférence de presse du film … Le deuxième acte

Deux ans après Fumer fait tousser et moins d’un an après la sortie au Québec de Yannick, Quentin Dupieux inaugure le 77e Festival de Cannes avec Le deuxième acte, mise en abyme (et en miroir) du septième art.

Brouillant la frontière entre fiction et réalité, le prolifique réalisateur français réunit Léa Seydoux, Louis Garrel, Vincent Lindon, Raphaël Quenard et Manuel Guillot dans un exercice de style où personnages - et acteurs - se livrent à une joute verbale et malicieuse, isolés dans un restaurant à la campagne. Bienvenue au Deuxième acte.

En conférence de presse, il a été question du métier d’acteur, de rectitude politique, du mouvement #moiaussi et de démarche créative, bref, des thèmes au cœur de cette comédie satirique que notre collègue Louis-Paul Rioux a vue.

Quentin Dupieux. Ce film est un pied de nez à l’industrie, mais aussi à l’être humain. Ce n’est pas qu’un film sur le métier. Je me moque un peu de tout le monde et de moi-même y compris [...] Il n’y a aucun message dans mon travail, à part vous détendre, vous faire du bien. C’est comme un bain relaxant, avec un peu d’acide dedans, pour vous distraire de ce monde angoissant.

Léa Seydoux. Quel métier étrange que de jouer. C’est un métier qui me paraît parfois totalement abstrait parce qu’il est intangible, immatériel. Qu’est-ce que c’est que de jouer ? Qu’est-ce que c’est que de bien jouer ? De mal jouer ? Je me pose souvent la question. Je fais ce métier et c'est paradoxal avec le fait que je suis de nature très timide.

Vincent Lindon. Je ne suis qu’un acteur technique. Ce qui m’intéresse, c’est : comment suis-je habillé ? Quel est mon prénom ? Comment je bouge ? Toute la psychologie ne n’intéresse pas. Si je commence à penser à qui je suis, ça me fait trop peur. [...] Je comprends très, très peu les scénarii. Je les sens comme un animal.

Quentin Dupieux. Il n’y a pas si longtemps, j’étais encore un forceur. On ne voulait pas de moi et j’insistais. C’est pour ça que j’ai toujours écrit beaucoup. Aujourd’hui, ça paraît facile, mais c’est le résultat d’une longue période de forcing. J’ai forcé l’industrie à me suivre et à m’accepter dans ces films qui ne coûtent pas très chers. Les risques sont assez petits. [...] C’est comme un sport, je pense avoir un avantage sur quelqu’un qui fait un film tous les huit ans. Le fait de pratiquer souvent et de tourner vite me permet de garder la forme dans mon activité professionnelle.

Raphaël Quenard. Ce qui prime est la teneur en cinéma que contient le personnage et la magie de sa trajectoire plutôt que le discours politique ou les valeurs qu’il véhicule. Je ne m’attends pas à ce que le personnage que j’incarne soit moral. En revanche, je trouve que c’est plus intéressant d’avoir ces préoccupations [environnementales] à l’échelle de la fabrication du film qui se doit de les prendre en compte.

Léa Seydoux. C’est bien que [#moiaussi aidant] la parole se libère et que les choses changent. Il était temps. J’ai l’impression que le changement a opéré. Le film joue avec ça en parlant de ce mouvement de libération de parole fondamentale. J’ai été une actrice d’avant et maintenant je constate l’après. Je ne peux que saluer ce mouvement. Ce que j’aime avec le film de Quentin est que ça parle des transformations qu’il y a dans le monde avec humour. Oui, c’est politiquement incorrect par moment, mais c’est bien que ce le soit, de faire réagir et de choquer.

Quentin Dupieux. Comme je monte mes films moi-même, je suis impitoyable avec mes images. [...] Je me lasse de mes images et je me censure. Quand je vois qu’une scène n’est là que pour [contenir] une phrase en plus, je la coupe. C’est pour ça que systématiquement, mes films font cette [courte] durée. [...] Il y a un rythme qu’il faut respecter. J’essaie de garder le public attentif.

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