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2021-04-06

Au nom de la mère et du fils

Au nom de la mère et du fils
Entretien avec Nicolas Maury et Nathalie Baye

On la connaît (et on l’adore) depuis La nuit américaine de François Truffaut. On l’a découvert (et admiré) en assistant malin et dévoué dans la désopilante série Appelez mon agent. Nathalie Baye et Nicolas Maury forment dans Garçon chiffon, écrit et réalisé par ce dernier, un tandem mère-fils comme seul le cinéma français sait en produire. Le sujet? Un acteur parisien retourne en province chez sa mère afin d'y préparer une audition et soigner un chagrin d'amour causé par sa jalousie maladive. « Ça ne ressemble à aucun autre film que j’ai vu », reconnaît Nathalie Baye, rencontrée par visioconférence, en compagnie de Nicolas Maury, lors du plus récent Rendez-vous du cinéma français à Paris.

[à Nicolas Maury] Qu’est-ce qui vous a fait franchir le pas pour devenir cinéaste?
J’ai toujours écrit. Des choses pas tellement lisibles, mais j’aime l’art du dialogue. Ça me vient du fait que je joue au théâtre depuis 16 ans. J’ai toujours aimé les cinéastes qui portaient une attention particulière au tombé ou à l’obscénité d’une phrase, comme Jean Renoir, Sacha Guitry, Éric Rohmer, Woody Allen, plus récemment Judd Apatow. C’est cette libido du dialogue, mêlée au silence et à l’expressivité nue d’un visage, comme celui de Nathalie [Baye], qui m’ont donné le goût du cinéma.

[à Nicolas Maury] Le personnage que vous défendez est très fragile; faut-il y voir une projection de votre propre vulnérabilité?
« Vous savez, je suis faussement fragile. Il faut être costaud pour faire le parcours que j’ai fait, en partant de là d’où je viens. J’ai peut-être la force des faibles ou la faiblesse des forts. Dans une intention presque politique, j’ai voulu placer au centre de mon film un personnage dit masculin, différent du héros communément représenté. J’aurais aimé voir un film comme ça quand j’avais 14 ans dans mon petit village du Limousin. [Nathalie Baye enchaîne] « Je confirme que Nicolas est quelqu’un d’extrêmement fort. Ça peut surprendre de découvrir un colosse chez un homme d’une sensibilité et d’une délicatesse aussi grandes. »

[à Nicolas Maury] Comme tous les premiers longs métrages, celui-ci donne l’impression qu’il est né de la pulsion de vous raconter.
Comment ne pas mettre de soi quand on écrit? Quel que soit le sujet, quel que soit le contour. Ça serait intéressant qu’on me demande un jour de tourner un film sur un conflit international, ou d’adapter un roman d’espionnage. Je le ferais exactement depuis ma fenêtre, ma caméra, et pas celle de quelqu’un d’autre. Cela dit, il y a très peu de repères autobiographiques dans Garçon chiffon.

[à Nathalie Baye] Comment avez-vous envisagé ce personnage de mère poule et sa relation avec son fils?
« Ils se connaissent bien ces deux-là. Ils se regardent l’un l’autre. Mais il y a des moments où elle le découvre, ou lui fait chez elle des découvertes. » [Nicolas Maury enchaîne] « On pense que les membres d’une même famille se connaissent, mais on a souvent des surprises. C’est de ça que je voulais parler. Je ne voulais pas juste d’un fils qui regarde sa mère. Je voulais qu’au bout d’un moment, elle récupère le regard et dise : moi aussi je te regarde, et je vais te raconter ce que tu n’as pas dit. »

[à Nathalie Baye] Vous jouez souvent pour des cinéastes en tout début de carrière, comme Xavier Dolan (Laurence Anyways), ou Frédéric Tellier (L’Affaire SK1). Par quel processus en venez-vous à dire oui à un projet de film?
Il me faut, avant tout, lire le scénario. S’il me touche, s’il me plaît, si la conversation est prometteuse, si je sens que je peux être à la hauteur du désir du cinéaste, j’y vais, même s’il a très peu d’expérience. Il n’y a rien de plus merveilleux que de faire confiance à quelqu’un.

[à Nathalie Baye] Vous arrive-t-il d’imaginer un film qui ne se matérialise pas, ou l’inverse?
Dans tout projet, il y a trois films. D’abord, celui qu’on a imaginé en lisant le scénario. Ensuite, celui qu’on imagine en le tournant, parce que le tournage nous fait voir autre chose. Enfin, celui qui est terminé. Ce qui importe, c’est que le troisième soit le meilleur. C’est le cas de Garçon chiffon, un film encore plus fort que ce que j’avais espéré.

 

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